Des bactéries modifiées qui exportent de l’huile

Face à la raréfaction prochaine et à l’augmentation du prix de revient du pétrole et de ses dérivés, face aux nouvelles contraintes environnementales, les biocarburants sont souvent présentés comme une alternative possible à l’or noir. Mais ils ne sont pas exempts de reproches. Un biocarburant acceptable doit avoir au minimum dans son « cahier des charges », les contraintes suivantes :

  • une production suffisante pour le rendre réellement disponible
  • un prix de revient compétitif face au pétrole
  • un bilan carbone meilleur que le pétrole (en prenant en compte tous les processus de production)
  • ne pas être issu de cultures remplaçant des cultures alimentaires

Bref, pas facile-facile de trouver le biocarburant idéal. Xinyao Liu et Roy Curtiss, du Biodesign Institute de l’Arizona State University, ont peut-être ouvert une voie plus qu’intéressante. Ils ont modifié des cyanobactéries pour les transformer en véritable usines à acides gras, acides gras qui seront transformés en biodiesel après catalyse. Mais où le truc est particulièrement impressionnant, c’est que les bactéries sont modifiées de telle manière qu’elles expulsent d’elles-mêmes, comme si elles transpiraient, les acides gras qu’elles produisent. Jusqu’alors, il fallait broyer les bactéries puis purifier les broyat pour obtenir l’huile, désormais, ces étapes coûteuses en moyens et en énergie ne sont plus nécessaire. D’autant plus que ces bactéries modifiées produisent trois fois plus d’acides gras que les bactéries « d’origine ».

Pour « récolter » l’huile, c’est tout simple, les cyanobactéries baignant dans une solution aqueuse, le gras se précipite en une matière blanche qui remonte à la surface et qu’il suffit de récupérer à l’aide d’une écumoire. Grâce à un catalyseur et de l’alcool, cette matière est ensuite transformée en biodiesel qui pourrait se retrouver dans votre réservoir de voiture. Pas mal, non ? Ces premiers résultats encourageants ne sont vraisemblablement qu’un début puisque les chercheurs espèrent pouvoir améliorer encore le rendement des bactéries en favorisant davantage leur croissance.

Source : Futura-Sciences

Author: Matthieu

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