L’électricité osmotique

Dans la grande quête de l’Homme pour trouver des solutions énergétiques durables et écologiques, l’osmose est peut-être une des pistes à suivre. L’osmose ? Quésaco ? Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l’osmose inverse. C’est un procédé efficace qui permet de dessaler l’eau. Pour y parvenir, l’osmose inverse nécessite beaucoup d’énergie. A contrario, le principe d’osmose, lui, peut être une véritable source d’énergie. Pour essayer d’être simple, l’osmose consiste à se faire rencontrer de l’eau douce (un fleuve par exemple) avec de l’eau salée (une mer ou un océan) en les séparant par une membrane filtrante. Chimiquement, l’eau douce va chercher à rééquilibrer sa concentration en sel par rapport à l’eau de mer. En traversant la membrane pour « rejoindre » l’eau de mer, l’eau douce va créer une surpression au niveau de l’eau de mer, surpression qui sera transformée en énergie électrique grâce à une turbine. C’est clair ?

L’entreprise Statkraft (spécialisée dans les énergies renouvelables) a lancé une expérimentation à Tofte en Norvège. La centrale expérimentale fournit actuellement 3 à 4 kW d’électricité, soit à peine la consommation d’un foyer. Mais ce n’est que le début car Statkraft prévoit de créer une centrale sur le même principe capable de délivrer 25 MW, soit les besoins de 10 000 foyers ! Et le potentiel semble encore plus grand puisque l’entreprise estime que le potentiel de production mondiale d’énergie osmostique est de 1 600 à 1 700 TW, soit la moitié des besoins de l’Union Européenne. Rien que ça ….

On se dit que tout ça est donc aussi merveilleux que prometteur, mais où sont les « mais » justement ? Tout d’abord, le rendement du système. La fameuse membrane entre l’eau douce et l’eau salée est petit à petit bouchée par le sel (c’est le principe même du système que de filtrer le sel). Aussi, il faut déboucher les pores de la membrane ce qui influe sur son rendement. Alors qu’il est d’1W/m², il faudrait qu’il atteigne 5 à 6 W/m² d’ici 2015. Autre point faible : le prix de revient. Si tout se passe bien, le MWh devrait sortir entre 50 et 100 € alors qu’actuellement, le prix moyen des 100 MWh est de 45 €. En plus de la technologie, il faudra compter sur pas mal de volonté politique pour voir ce type d’énergie débarquer massivement. Mais gageons que le renchérissement des énergies fossiles rendra de fait, l’osmose rentable économiquement….

Sources : Faites le plein d’avenir, Statkraft

Author: Matthieu

Share This Post On

7 Comments

  1. moi j’aime ça.
    mais bon faut bien voir que ça transforme de l’eau douce (potentiellement potable) en eau salée (pas potable …) : quid des « déchets » ?

    Post a Reply
  2. Bah c’est l’eau du fleuve qui allait dans la mer… ça change rien. Après c’est le cycle de l’eau qui s’occupe du reste (évaporation, nuage, pluie, …)

    Post a Reply
  3. dans ce cas ok, en fait c’est de l’énergie qui est inutilisée … du moins on dirait, mais ça voudra dire que ça sera répercuté sur le mouvement des marées (pression absorbée) ou sur la température de l’eau (si de la chaleur est pompée, mais ça je sais pas …)

    Post a Reply
  4. Non, c’est juste le principe d’osmose, on crée une surpression qui n’existe pas naturellement, c’est comme quand tu « siphonnes » un réservoir d’essence….

    Post a Reply
  5. désolé je suis un sceptique :/ j’espère que ça va marcher et que y’aura pas trop d’effets secondaires 🙂 du moins, moins qu’avec le charbon …

    Post a Reply
  6. Etre sceptique c’est bien, mais un peu d’optimisme c’est pas mal non plus 😉

    Post a Reply

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *